Obligation légale — Article L243-3 du Code des assurances
Exercer sans décennale expose à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement. En cas de sinistre, vous engagez votre responsabilité personnelle illimitée.
Dans cet article
L'assurance décennale est obligatoire pour l'auto-entrepreneur du bâtiment, exactement comme pour une SARL ou une EURL. Le statut ne change rien à la règle : l'article L241-1 du Code des assurances impose une couverture décennale à toute personne dont la responsabilité peut être engagée sur le fondement des articles 1792 et suivants du Code civil, avant même l'ouverture du chantier. Beaucoup d'auto-entrepreneurs découvrent cette obligation au pire moment : quand un client, un donneur d'ordre ou un maître d'œuvre exige l'attestation avant de signer. Travailler sans décennale expose à des sanctions pénales (jusqu'à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement, article L243-3 du Code des assurances) et surtout à une responsabilité qui vous suit pendant 10 ans : en micro-entreprise, c'est tout votre patrimoine professionnel (matériel, trésorerie, créances clients) qui répond des réparations. La séparation des patrimoines instaurée par la loi du 14 février 2022 (article L526-22 du Code de commerce) protège en principe vos biens personnels, mais elle connaît des limites (renonciation exigée par certains créanciers, dettes fiscales et sociales, fraude) et ne protège ni votre outil de travail ni votre entreprise. La bonne nouvelle : l'assurance décennale en auto-entrepreneur est accessible. Selon le métier et le profil, les planchers constatés démarrent à 60 € par mois ; pour une première souscription, la fourchette la plus fréquemment constatée va de 1 200 € à 2 500 € par an. Un dossier bien préparé fait toute la différence, sur l'acceptation comme sur le prix. Cette page vous explique ce que dit la loi, combien coûte réellement une décennale d'auto-entrepreneur, les conditions pour être accepté, les pièces à fournir et les solutions si votre dossier est refusé.
Décennale obligatoire en auto-entreprise : ce que dit la loi
L'obligation d'assurance décennale vient de la loi n° 78-12 du 4 janvier 1978, dite loi Spinetta. Elle repose sur deux textes :
L'article 1792 du Code civil pose le principe : tout constructeur d'un ouvrage est responsable, pendant 10 ans à compter de la réception des travaux, des dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. L'article 1792-2 étend cette responsabilité aux éléments d'équipement indissociables du bâtiment.
L'article L241-1 du Code des assurances transforme cette responsabilité en obligation d'assurance : toute personne dont la responsabilité décennale peut être engagée doit être couverte par un contrat d'assurance, souscrit avant l'ouverture du chantier.
Le texte parle de « toute personne » : il ne fait aucune distinction de statut juridique. Auto-entrepreneur, micro-entreprise, EURL, SARL, SAS : si vos travaux participent à la construction d'un ouvrage (gros œuvre, second œuvre structurel, lots techniques), l'obligation s'applique.
Les sanctions en cas de défaut d'assurance :
- Sanctions pénales : jusqu'à 75 000 € d'amende et 6 mois d'emprisonnement (article L243-3 du Code des assurances)
- Responsabilité pendant 10 ans : en cas de sinistre non assuré, votre entreprise répond des réparations sur l'ensemble de son patrimoine professionnel, et un désordre décennal se chiffre vite en dizaines de milliers d'euros
- Conséquences commerciales : sans attestation, pas de marchés publics, pas de sous-traitance pour les donneurs d'ordre sérieux, et de plus en plus de particuliers vérifient avant de signer
Rappel pratique : l'article L243-2 du Code des assurances vous impose de joindre votre attestation d'assurance décennale à vos devis et à vos factures. Ce n'est pas une option, c'est la loi.
Auto-entrepreneur ou micro-entreprise : aucune différence
Une confusion revient sans cesse : « je suis en micro-entreprise, pas auto-entrepreneur, est-ce différent pour la décennale ? »
Non. Depuis le 1er janvier 2016 (loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014), les deux régimes ont fusionné : « auto-entrepreneur » et « micro-entrepreneur » désignent le même statut, celui de l'entreprise individuelle au régime micro-social et micro-fiscal. Les assureurs utilisent d'ailleurs les deux termes indifféremment.
Concrètement, pour votre assurance décennale :
- Mêmes obligations : l'assurance est due dès que vos travaux relèvent de la responsabilité décennale, quel que soit le nom que vous donnez à votre statut.
- Même dossier : les assureurs évaluent votre expérience, vos activités déclarées et votre chiffre d'affaires prévisionnel, pas l'étiquette administrative.
- Mêmes garanties : la couverture décennale d'un micro-entrepreneur protège les mêmes désordres (solidité de l'ouvrage, impropriété à destination) que celle d'une société.
La vraie particularité du statut est ailleurs : en entreprise individuelle, tout le patrimoine professionnel est exposé en cas de sinistre non assuré, sans les fonds propres d'une société pour amortir le choc. La loi du 14 février 2022 (article L526-22 du Code de commerce) sépare désormais patrimoine professionnel et patrimoine personnel, mais cette protection a des limites et ne sauvera pas votre activité : un seul désordre structurel non assuré peut suffire à la faire disparaître.
Prix : combien coûte une décennale auto-entrepreneur ?
Selon le métier et le profil, les planchers constatés démarrent à 60 € par mois (voir le tableau ci-dessous). Pour une première souscription en auto-entrepreneur, la fourchette la plus fréquemment constatée va de 1 200 € à 2 500 € par an. Le tarif de première année est généralement plus élevé : l'assureur ne vous connaît pas encore, le risque est réputé maximal.
Les facteurs qui font varier votre prime :
- Le métier exercé : un plaquiste ne présente pas le même risque décennal qu'un maçon (gros œuvre, structure). C'est le premier critère de tarification.
- L'expérience présentée : diplôme, années de salariat dans le métier, références de chantiers. Plus le parcours est documenté, plus le tarif descend.
- Les activités déclarées : chaque activité doit figurer au contrat. Une activité oubliée est une activité non couverte ; une activité déclarée en trop se paie inutilement.
- Le chiffre d'affaires prévisionnel : le plafond du régime micro limite naturellement l'exposition, ce qui joue en votre faveur par rapport à une société.
- La zone géographique et l'historique de sinistres éventuels.
Après une ou deux années sans sinistre, votre profil s'améliore et la prime peut être renégociée à la baisse : c'est l'un des intérêts de repasser votre dossier en concurrence à chaque échéance.
Tarifs planchers par métier (auto-entrepreneur)
| Métier | Décennale dès | Page détaillée |
|---|---|---|
| Menuisier / Serrurier | 60 €/mois | Décennale menuisier-serrurier |
| Plaquiste / Plâtrier | 60 €/mois | Décennale plaquiste-plâtrier |
| Couvreur / Zingueur | 110 €/mois | Décennale couvreur-zingueur |
| Maçon | 130 €/mois | Décennale maçon |
| Étancheur | 150 €/mois | Décennale étancheur |
Tarifs planchers indicatifs « à partir de », correspondant aux profils les mieux notés (expérience, activités déclarées, chiffre d'affaires, zone). En première souscription auto-entrepreneur, la fourchette la plus fréquemment constatée reste de 1 200 € à 2 500 € par an. Seul un devis personnalisé fait foi.
Conditions d'acceptation : expérience, diplôme, références
Les assureurs n'assurent pas un statut, ils assurent un savoir-faire. Pour un auto-entrepreneur, le dossier repose sur trois piliers :
1. La qualification professionnelle :
- Un diplôme du métier (CAP, BEP ou équivalent) est la voie la plus simple, ou
- Une expérience professionnelle démontrée, généralement 3 ans minimum dans le métier (certificats de travail, fiches de paie, attestations d'employeurs)
2. Les références de chantiers :
Présentez 3 à 5 chantiers récents avec photos et détails techniques. C'est ce qui rassure le plus un assureur face à une jeune entreprise : la preuve que vous savez faire.
3. La cohérence des activités déclarées :
Déclarez exhaustivement ce que vous faites réellement, sans gonfler la liste. Un électricien qui déclare aussi de la maçonnerie sans pouvoir la justifier fait dérailler son dossier ; une activité exercée mais non déclarée ne sera pas couverte en cas de sinistre.
Sans diplôme et avec moins de 3 ans d'expérience, l'acceptation devient difficile mais pas impossible : un parcours solide avec preuves de chantiers reste votre meilleur argument. Notre guide dédié détaille les solutions : [décennale sans diplôme](/blog/assurance-decennale-sans-diplome).
Les pièces du dossier
Un dossier complet dès le départ accélère la réponse et améliore le tarif proposé. Préparez :
Documents administratifs :
- KBIS ou avis de situation SIRENE (votre numéro SIRET)
- Pièce d'identité en cours de validité
- RIB professionnel
Justificatifs de compétence :
- CV professionnel détaillé, centré sur le métier assuré
- Diplômes et formations (CAP, BEP, titres professionnels, formations courtes)
- Certificats de travail et attestations d'employeurs précédents
- Références de chantiers réalisés, avec photos avant/après
Informations sur l'activité :
- Liste exhaustive des activités à garantir
- Chiffre d'affaires prévisionnel réaliste
- Attestation d'assurance précédente et relevé de sinistralité si vous étiez déjà assuré
Astuce de courtier : demandez une étude de votre dossier avant toute formalisation. Chez Mirassur, on vous dit d'emblée si votre profil a de réelles chances d'être accepté, chez quels assureurs et à quelles conditions indicatives, plutôt que d'essuyer un refus qui devra ensuite être déclaré.
Dossier refusé : les solutions
Un refus n'est jamais définitif. Selon la cause, plusieurs voies existent :
1. Renforcer le dossier : compléter une formation qualifiante courte, obtenir un titre par la Validation des Acquis de l'Expérience (VAE), documenter davantage de chantiers. Quelques mois d'effort changent souvent la réponse.
2. Passer par un courtier spécialisé : tous les assureurs n'ont pas les mêmes critères. Un profil refusé chez l'un peut passer chez l'autre. C'est le cœur de notre métier : orienter votre dossier vers la compagnie dont les critères correspondent à votre profil, parmi nos 13 assureurs partenaires.
3. Travailler en co-traitance ou en groupement : s'associer ponctuellement à une entreprise assurée le temps d'étoffer votre parcours, puis souscrire en votre nom.
4. Commencer par la RC Pro seule : en attendant, limitez-vous contractuellement à des prestations qui ne relèvent pas de la décennale, couvertes par la responsabilité civile professionnelle. Attention : cette stratégie exige une vraie rigueur sur la nature des travaux acceptés.
5. Le Bureau Central de Tarification (BCT) : en dernier recours, après un refus formel d'un assureur (le silence prolongé vaut refus), vous pouvez saisir le BCT dans les 15 jours (article L243-4 du Code des assurances) : il peut contraindre cet assureur à vous couvrir, au tarif qu'il fixe. Procédure lourde, à réserver aux situations bloquées.
Le point important : ne travaillez jamais « en attendant » sur des ouvrages relevant de la décennale. Un seul sinistre non couvert peut coûter plus cher que dix années de primes.
Pourquoi passer par Mirassur
Mirassur est un cabinet de courtage spécialisé en assurance décennale, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23007359 (vérifiable sur orias.fr).
Ce que ça change pour un auto-entrepreneur :
- 13 assureurs partenaires mis en concurrence sur votre profil, au lieu d'un tarif unique pris par défaut. Sur un dossier de première souscription, l'écart entre deux compagnies peut être significatif.
- Un dossier présenté sous son meilleur jour : nous savons quelles pièces mettre en avant pour présenter au mieux un profil jeune ou atypique à chaque assureur.
- Un devis personnalisé en 2 minutes, une réponse sous 24h et une attestation sous 48h une fois le dossier validé : vous pouvez répondre vite à un donneur d'ordre qui exige l'attestation.
- Un interlocuteur qui reste : déclaration d'une nouvelle activité, question sur une attestation, accompagnement en cas de sinistre. Vous n'êtes pas seul face à la compagnie.
Le devis est gratuit et sans engagement : [demandez votre devis décennale auto-entrepreneur](/devis).
Questions fréquentes
Liens utiles
Nos Partenaires Assureurs
Les plus grandes compagnies d'assurance nous font confiance



















































